L'Histoire de Moëslains :
Voyage au cœur de notre passé 

Connaissez-vous vraiment l'histoire de notre village ? Derrière le calme de nos rues actuelles se cache un passé millénaire fascinant, fait de seigneurs chevaliers, de destructions tragiques, de commerce fluvial et même de grandes batailles impériales. 
​Embarquez pour un voyage dans le temps, à la découverte de Moëslains "autrefois". 

Des origines gallo-romaines : la "terre fertile" 
 
​Tout commence dès l'époque gallo-romaine. Notre village est l'un des plus anciens du Pays du Perthois. Les Romains s'y installent et baptisent le lieu Mediolanum, un mot dérivé du celte signifiant « terre fertile » (pour la petite anecdote, c'est exactement la même origine étymologique que la grande ville de Milan en Italie !). 
​À cette époque, les habitations se concentrent sur les hauteurs, à l’emplacement de notre actuelle chapelle Saint-Aubin. C’est là que le premier cœur historique du village battait. 
 
Le Moyen Âge et les seigneurs de Moëslains 
 
​Au XIe siècle, le village prend une importance stratégique. Une motte castrale y est érigée et un château fort en bois domine la colline. Le premier seigneur connu n'est autre que Vitier de Moëslains (ou Wuitier), mort vers 1080. Après un pèlerinage en Terre sainte, il fit d’importants dons à l’abbaye de Montier-en-Der où il finit ses jours comme moine. Il est considéré par les historiens comme l'ancêtre de la célèbre et puissante famille de Dampierre, celle-là même qui fondera plus tard la ville voisine de Saint-Dizier. 
​L'église castrale (le château) accueille vers 1490 les reliques de Saint-Aubin, transformant le site en un lieu de pèlerinage très fréquenté au fil des siècles. 

Chapelle




La chapelle Saint-Aubin, gardienne et témoin des siècles passés 

1544 : Les troupes de Charles Quint et la grande mutation 
 
​L’année 1544 marque un tournant dramatique pour Moëslains. Lors du célèbre siège de Saint-Dizier, les troupes de l'empereur Charles Quint envahissent la région. Le château fort et le village d'origine sont entièrement brûlés et détruits. 
​Seule la chapelle Saint-Aubin échappe miraculeusement aux flammes, les envahisseurs espagnols et germaniques étant de fervents catholiques. 
​Le saviez-vous ? C'est à la suite de cette catastrophe que les habitants ont abandonné les hauteurs pour reconstruire le village plus bas, à son emplacement actuel, au plus près des rives protectrices et nourricières de la Marne. 
 
​Au fil de l'eau : le temps des brelleurs et du bois 
 
​Au XVIIIe et XIXe siècles, la vie économique de Moëslains est intimement liée à la rivière. Le village se développe grâce au commerce du bois. Les immenses chênes et hêtres de nos forêts sont coupés, assemblés en immenses trains de bois flotté (appelés "brelles") conduits par les ouvriers fleuviaux (les brelleurs). Ces cargaisons descendaient la Marne pendant des semaines pour aller approvisionner Paris en bois de chauffage et de construction. 
 
​1814 : Napoléon et la bataille de Saint-Dizier 
 

​Le 26 mars 1814, Moëslains se retrouve au cœur de la Grande Histoire. Lors de la campagne de France, l'Empereur Napoléon Ier affronte les troupes russes et les cosaques. 
​Pour remporter cette victoire (qui sera la toute dernière de la campagne), Napoléon positionne son artillerie sur le promontoire des Côtes Noires. La prestigieuse Vieille Garde traverse alors les rues de Moëslains pour charger l'ennemi (qui tenait les terrains de l'actuelle base aérienne), tandis que la cavalerie impériale franchit la Marne au gué de Valcourt. 
 
​L'évolution du nom et de la population 
 

​Au fil des réformes administratives et de la langue, le nom de notre commune a bougé : 
​1793 : Moislain 
​1801 : Moellain 
​1930 : Moëslains (adoption de l'orthographe officielle actuelle) 
​Côté démographie, le village est resté longtemps très intimiste : il comptait 217 habitants en 1871, puis est descendu à 161 habitants en 1911 à la veille de la Grande Guerre. Aujourd'hui, notre commune a bien grandi et s'est modernisée, tout en veillant à préserver l'âme et les souvenirs de ceux qui l'ont bâtie. 

L’Épopée du 26 mars 1814 :
La bataille des Côtes Noires

Le 26 mars 1814, lors de la mythique campagne de France, Moëslains et la falaise des Côtes Noires deviennent le théâtre de la toute dernière victoire tactique de Napoléon Ier. Face à l'invasion de la France par les forces européennes coalisées, l'Empereur tente un coup de poker audacieux. 
 
​Le plan de Napoléon : Le piège de Saint-Dizier 


​Cerné par les armées russes, autrichiennes et prussiennes qui foncent sur Paris, Napoléon décide de couper leurs lignes d'arrièregarde en Haute-Marne. Son but ? Attirer l'ennemi loin de la capitale en lui faisant croire que l'armée impériale est encore gigantesque. 
​À Saint-Dizier et Moëslains se trouve le corps d'armée russe du général Wintzingerode : 10 000 cavaliers d'élite (dont de redoutables régiments de cosaques et de hussards) et une quarantaine de canons. Napoléon arrive face à eux avec 30 000 hommes. 


​Les Côtes Noires : Un poste de commandement naturel 
 
​Pour dominer le champ de bataille, Napoléon choisit un site stratégique parfait : la falaise des Côtes Noires, ce promontoire calcaire abrupt qui surplombe la Marne d’une trentaine de mètres à la frontière de Moëslains. 
​Depuis ce panorama exceptionnel, l’Empereur a une vue imprenable sur les mouvements ennemis. C'est ici qu'il fait masser son artillerie. Les canons français, idéalement positionnés en hauteur, pilonnent les troupes russes stationnées en contrebas dans la plaine (sur les terrains de l'actuelle base aérienne 113). 
 
​Le déroulement de l'attaque 
 
​Sous la protection des canons des Côtes Noires, l'assaut est foudroyant : 
​L'infanterie au cœur du village : Les soldats français et la prestigieuse Vieille Garde se déploient au pas de charge à travers le bas du village de Moëslains pour repousser les lignes russes. 
​La manœuvre de cavalerie : Pendant que les combats font rage, la cavalerie impériale contourne la position et franchit la Marne en amont, au gué de Valcourt, prenant les Russes à revers. 
​Pris sous le feu plongeant des Côtes Noires et chargés par la cavalerie, les Russes cèdent. La retraite se transforme en débandade vers Bar-le-Duc. Les Français s'emparent de leurs canons et font un millier de prisonniers. 
 
Une victoire héroïque... mais trop tardive 
 
​Sur le terrain, c'est un succès total pour Napoléon. Les pertes françaises sont minimes (environ 500 hommes) face aux forces russes décimées. Les Côtes Noires ont joué leur rôle de forteresse naturelle à la perfection. 
​Cependant, l'Histoire est cruelle : pendant que Napoléon remportait cette brillante victoire à Moëslains, les armées principales des Coalisés avaient ignoré sa feinte et continuaient de marcher directement sur Paris. Quatre jours plus tard, la capitale capitulait, menant à la première abdication de l'Empereur. 

​Le saviez-vous ? Le site des Côtes Noires a été classé aux Monuments Historiques en 1963, autant pour sa richesse géologique que pour son importance dans la mémoire napoléonienne.